Le LaM de Villeneuve d’Ascq présente « Les Muses insoumises » entre cinéma et vidéo féministe

Publié par Marion Dupuich le

Anonyme, Delphine Seyrig, Maria Schneider et Carole Roussopoulos pendant le tournage de Sois belle et tais-toi, 1975. Archives Seyrig

 

Le LaM, Musée d’Art Moderne de Villeneuve d’Ascq en collaboration avec le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia et en partenariat avec le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, nous invite à découvrir le parcours de l’Actrice/Réalisatrice Delphine Seyrig, femme engagée, devant et derrière la caméra. Le public reviendra sur l’histoire culturelle, visuelle et médiatique du féminisme en France d’après le regard subtil de l’actrice française (1932/1990). Entre cinéma et vidéo féministe, l’exposition repose sur un ensemble d’œuvres, de films et de documents inédits qui dévoilent la diversité des activités de Seyrig. A la croisée de l’histoire, du cinéma, de la vidéo et du mouvement féministe en France, l’actrice joue de la variété de ses positions pour exprimer son expression personnelle en adéquation avec l’art et la politique. « Le personnel est politique », ce slogan phare des manifestations féministes des années 1970 résume d’ailleurs bien la trajectoire de l’actrice/activiste. Engagée dans le mouvement de Libération des femmes, elle s’intéresse particulièrement à un merveilleux outil d’émancipation : la vidéo, depuis sa rencontre en 1974 avec la réalisatrice féministe franco-suisse Carole Roussopoulos, pionnière de la vidéo. Avec la réalisatrice Iona Wieder, elles fondent le collectif : « les Insoumuses » et réalisent des vidéos dans une économie de moyens pour s’exprimer librement et s’émanciper. Elles expérimentent d’ailleurs un nouveau langage documentaire mêlant humour et critique social avec leurs différentes réalisations : « Maso et Miso vont en bateau », « SCUM Manifesto » et « Sois belle et tais-toi. » Carole, Delphine et Iona fondent le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir à Paris en 1982 pour y conserver des vidéos où figurent la cartographie des luttes de l’époque (IVG, liberté sexuelle, conditions de vie des travailleuses du sexe…). Par ailleurs, ses collaborations avec des réalisatrices comme Marguerite Duras et Chantal Akerman lui permettent de rencontrer une plus grande variété de rôles féminins. Finalement, l’exposition divisée en 6 chapitres* nous amène à aborder un discours plus large sur la lutte pour l’émancipation des femmes et la manière dont fut documentée cette histoire.

*Défaire la Diva, Pratiques insoumises, Contre la normalité, Recherches autour de l’antipsychiatrie, Luttes transnationales et Une histoire inachevée.

Exposition ouverte du 5 juillet au 22 septembre 2019

Catégories : Musées

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